|
|
|
FONDS
UNEF (46 AS)
(Archives
Nationales, Centre des Archives Contemporaines, Fontainebleau)
Les Archives Nationales collectent essentiellement les archives
du ministère et des organismes publics d'Etat, dont une partie non
négligeable intéresse la recherche sur les mouvements étudiants,
notamment les séries F7, F 17, AJ 16, 61 AJ, 63 AJ, 69 AJ, sur lesquelles
les prochains numéros des Cahiers du GERME reviendront. Mais
elles accueillent également des archives privées, telles que celles
de personnalités, familles, entreprises, syndicats, mouvements,
associations... C'est au sein de cette dernière série qu'a été intégré
un fonds d'archive de l'UNEF, sous la cote 46 AS. Ces archives importantes
(349 cartons) provenant du bureau national du syndicat étudiant
ont été remises par celui-ci à l'Association des Amis de l'UNEF
en septembre 1969, à la veille de la scission de la "grande UNEF".
A l'initiative de Jean Maitron, à l'époque secrétaire du Centre
d'histoire du syndicalisme de l'Université de Paris (actuel CHRMSS),
et de Michel Quétin, conservateur aux Archives nationales, ce fonds
fut transféré aux Centre d'histoire du syndicalisme, puis, en 1972,
après signature d'un contrat de dépôt, aux Archives nationales.
Ce fonds est l'indispensable complément des archives UNEF conservées
à la BDIC et présentées dans le précédent numéro des Cahiers. Le
plan de classement élaboré par Françoise Bosman en 1982 restitue
la structuration de l'organisation étudiante avec des séries générales,
correspondant aux congrès, conseils d'administration, assemblées
générales, trésorerie et secrétariat national, puis des séries plus
spécialisées, correspondant aux vice-présidences de l'UNEF, et,
enfin, des séries consacrées aux organismes associés.
Cartons
1-78 : les séries générales. Cette première partie du fonds débute
par un dossier juridique, qui complétera les dossiers de la BDIC,
notamment pour les années 50-60. Les dossiers de congrès (46 AS
2-18) couvrent les années 1929-1930, 1934-1935, 1938, 1947-1967,
ce qui comble ainsi certaines lacunes (congrès de 1938, 1947, 1950
et 1951). Les compte-rendus de Conseil d'administration (1939-1959)
et d'assemblée générale (1955-1967), les circulaires et la correspondance
du BN (1949-1967) pourraient être également un complément précieux
(46 AS 19-49). Des dossiers par AGE et par fédérations (46 AS 53-71)
contiennent de la correspondance avec le BN, des compte-rendu et
publications. A noter la richesse particulière des archives concernant
la Fédération des groupes d'études de lettres, regroupant les militants
UNEF de Sorbonne-lettres, les dons des documents d'Antoine Griser
et de militants du Groupe d'études d'histoire enrichissent considérablement
les archives du BN concernant cette "super-AGE" (5 cartons, 46 AS
64-69) et donnent de solides matériaux pour une "histoire d'en bas"
du mouvement étudiant. Enfin, les documents comptables nous laissent
quelques traces de la trésorerie nationale des années 1948 à 1966.
Cartons
79-303 : les séries spécialisées par vice-présidence. On retrouve
ici, par secteur, les traces de l'activité du mouvement étudiant
sur le plan national. Vice présidence-universitaire (46 AS 79-91)
de 1946 à 1969, documentation, interventions et actions revendicatives
concernant le budget de l'Education nationale et les réformes de
l'enseignement. Vice-présidence internationale (46 AS 92-124) de
1947 à 1965, correspondance avec les unions nationales étrangères
d'étudiants, de 1947 à 1967, congrès, comités exécutifs, festivals
mondiaux, publication de l'Union internationale des étudiants, idem
pour la Conférence internationale des étudiants, de 1950 à 1967,
et pour de nombreuses réunions internationales ponctuelles. Vice-présidence
outre-mer (46 AS 125-134), de 1952 à 1965, correspondance et documentation
par pays et organisation d'outre-mer,a vec, surtout, 6 cartons (128-133)
sur la mobilisation contre la guerre d'Algérie et les relations
avec l'UGEMA. Vice-présidence jeunesse et affaires militaires (46
AS 135-143) de 1950 à 1964, dossiers sur les questions de la jeunesse
et la commission armée-jeunesse; remarquons l'importante correspondance
relative aux sursis, notamment pendant la guerre d'Algérie. Vice-présidence
culturelle (46 AS 144-150) de 1948 à 1967, dossiers concernant les
activités culturelles organisées par l'UNEF, notamment le festival
culturel international universitaire. Vice-présidence sports (46
AS 151-153) de 1953 à 1966, dossiers et correspondance. Vice-présidence
informations (46 AS 154-297), outre un dossier concernant l'office
de presse crée en 1929 (1928-1934), cette série comporte essentiellement
la presse du syndicat (L'Etudiant de France de 1957 à 1969, Les
Cahiers de l'UNEF en 1963, UNEF Informations de 1951 à 1970) et
une importante revue de presse (178-296, soit 117 cartons) réalisés
par le secrétariat permanent de 1954 à 1968. Vice-présidence intérieure
(46 AS 298-303) de 1946 à 1968, dossiers concernant le cogestion
des oeuvres, le logement, les restaurants universitaires, les bourses
et l'allocation d'études, et la formation syndicale.
Cartons
304-349 : les séries consacrées aux organismes associés. Quelques
maigres dossiers concernant le Bureau universitaire de statistiques
(BUS), l'Office du sport scolaire et universitaire (OSSU), l'Office
du tourisme universitaire (OTU) et l'Université-Club. Pour ce qui
est du Centre national des oeuvres universitaires et scolaires (CNO
ainsi que le COmité PARisien, 304-309 de 1951 à 1967) et la Fondation
santé des étudiants de France (FSEF 310-320, de 1948 à 1967), les
archives sont plus riches, contenant compte-rendus des Conseils
d'Administration, bulletins d'information et correspondances. A
ce type de documents les dossiers relatifs à l'Union des grandes
écoles (UGE, 344-348, de 1957 à 1968) et à la Mutuelle nationale
des étudiants de France (MNEF, 321-340, de 1948 à 1969) ajoutent
des compte-rendus de congrès et d'assemblées générales et, pour
cette dernière, des rapports de trésorerie. En somme, ce fonds est
un de ces fonds incontournables pour l'histoire des mouvements étudiants
en France, un de ces fonds dont il nous faudra pointer plus précisément
les lacunes et les apports originaux par rapport aux autres, tels
celui de la BDIC. C'est ainsi que nous pourrons faciliter l'accès
à ces sources d'une histoire qu'il nous reste collectivement à écrire
et à compléter.
Jean-Philippe
Legois.
|
|
 |