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LECOMTE
Agnès Le statut de l'étudiant DEA de droit Social
(Nantes) Alain Supiot Dir. 62 p + annexes 34 p
Trente
cinq ans après la publication du Régime de sécurité
sociale des étudiants d'A. Gau (LGDJ 1960) et 20 ans après
la parution du numéro spécial de la revue Droit social
sur les étudiants, enfin à nouveau une juriste se
penche sur les étudiants. Qu'est-ce qu'un étudiant
au regard du droit ? Agnès Lecomte fait le constat de "l'absence
de définition juridique globale de l'étudiant",
en faisant un large tour d'horizon des diverses définitions
qu'en donne le droit fiscal, le régime de sécurité
sociale. L'étudiant "enfant à charge" est
aussi "titulaire de droits", au regard de la sécurité
sociale, des oeuvres, de la loi Savary qui en fait des "usagers
du service public de l'enseignement supérieur" (ce qui
pose le problème des "étudiants" en écoles
privées supérieures), avec un droit reconnu à
la "citoyenneté étudiante" par l'intermédiaire
du droit de vote, et de la reconnaissance d'un droit spécifique
des "associations représentatives" (loi de 1989).La
deuxième partie de ce mémoire est plutôt "propositionnelle",
s'intitulant "un statut de l'étudiant demain".
Après avoir rappelé la "longue marche" en
quête de statut (la Charte de Grenoble, le pré-salaire),
on passe en revue les propositions faites par les différentes
organisations pour les "Etats généraux de l'Université".
Agnès Lecomte plaide pour une unification du champ d'application
des textes législatifs pour aboutir à un "statut
de l'étudiant plus juste".
Ce
travail constitue un outil précieux pour connaître
le cadre juridique de l'action étudiante. Si le juriste trouvera
son bonheur quasi-intégral du point de vue du droit positif,
on peut regretter le peu de développements consacrés
à "l'environnement" politique, historique, et sociologique
qui permettent de mieux comprendre, non seulement ce qu'est la législation,
mais comment elle s'est constituée, puis transformée.
Bien évidemment, on aborde là d'autres disciplines,
et d'autres regards. Comment l'UNEF - puis les organisations étudiantes
qui en héritent après les scissions - définissent
leur champ de recrutement, de représentation et tentent de
traduire leur définition dans un cadre juridique ? Dans quels
termes est posée la notion de "travail étudiant"
(sous l'intitulé de "jeune travailleur intellectuel"
dans la "Charte de Grenoble" ou "jeune travailleur
en formation" dans les discussions des années 70) et
quelles conséquences tirer d'une intégration de la
formation dans la production (la MNEF demande ainsi aujourd'hui
que les années d'études soient comptées comme
années de travail pour le droit à la retraite)? Quels
sont les enjeux dans la détermination des conditions de la
représentation étudiante ? En retour, quels sont les
effets de la reglementation adoptée sur les organisations
étudiantes (loi de 1989 incitant au regroupement de "corpos"
et "fédés" en organisation nationale, conséquence
sur l'activité des organisations rythmée par le calendrier
institutionnel et électoral). Ce peut être l'objet
de la poursuite de ce travail faisant appel aux multiples branches
du droit : histoire du droit, sociologie du droit. Une première
pierre est ainsi posée.
Robi
Morder
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