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Factuel
Dernière née des publications qui nous intéressent,
cette revue éditée par Anima fac' (qui dispose déjà d'un bimensuel
sur abonnements : Factuel) paraîtra deux fois par an. Son premier
numéro est consacré à des Contributions et analyses sur le fait
associatif étudiant. Thomas Poirier présente aussi bien "Anima fac"
qui "préfère parler de réseau par analogie avec la forme d'organisation
minimale qu'on trouve sur internet" que la revue elle-même dont
l'ambition est de "ménager un espace théorique au fait associatif
étudiant" et réalisée en coordination avec la Conférence des présidents
d'université et l'Observatoire de la vie étudiante. Olivier Pesce
se penche sur le renouveau d'intérêt pour le fait associatif étudiant
soulignant le facteur de réussite universitaire que constitue la
socialisation collective, et, conséquence des résultats de ces enquêtes
une "nouvelle importance dans la préoccupation des établissements
d'enseignement supérieur" accordée à la vie étudiante qui sort "enfin
du ghetto des aides sociales aux étudiants". Concluant son article,
Olivier Pesce conseille aux responsables étudiants d'éviter "la
seule reconnaissance bureaucratique" en imaginant et développant
"d'abord patiemment les actions sur le terrain". Claude Patriat
(Président de l'Université de Bourgogne) revient sur l'histoire
de la vie associative étudiante ces quarante dernières années, distinguant
trois périodes. La première, celle des années 50 et 60, voit deux
types d'associations : d'une part celui d'un "syndicalisme puissant
qui s'appuie sur une base corporative épousant le découpage disciplinaire
enfacultés, et de plus en plus sollicité par des débats politiques,
notamment à propos de la décolonisation", jouant un rôle de socialisation,
d'autre part en relais avec le mouvement syndical, des associations
culturelles. Caractéristique commune à ces deux formes pour Claude
Patriat : elles sont "très autonomes par rapport à l'institution
universitaire". La deuxième phase est celle d'une "rupture" provoquée
par trois éléments : "Mai 68, la Loi Faure, et l'augmentation des
effectifs, conjuguée à la crise économique". Eclatement de l'UNEF,
radicalisation des responsables et coupure d'avec la base étudiante."Il
faut trouver alors de nouveaux repères". Il s'agit d'années de transition
qui "quoique sombres pour le mouvement associatif" constituent un
laboratoire très riche, avec l'émergence de formes décentralisées
d'action épousant les nouvelles filières. Si les associations culturelles
survivent dans cette période, elles demeurent dans une situation
plutôt marginale. La troisième phase "qui commence à la fin des
années 80 constitue une synthèse des deux phases précédentes". Les
nouvelles institutions universitaires mises en place par la Loi
Savary obligent à une "coopération des différents membres de la
communauté universitaire" et les nouvelles UFR "gagnent en cohérence
autour des filières" Les associations culturelles sont - d'après
Claude Patriat - "les seules à avoir traversé les trois périodes".
Valérie Becquet se penche sur "le côté obscur de l'assoce". Elle
remarque (comme nous l'avons également fait) "bien que les études
se multiplient sur les étudiants, il semble que leurs activités
associatives ne parviennent pas à susciter un intérêt particulier".
L'article s'appuie sur l'expérience et des entretiens réalisés avec
des responsables associatifs, et concerne principalement les "déviations"
de l'activité associative notables au délà de l'appel à "l'esprit
associatif". Valérie Becquet distingue ainsi "l'associationnisme
commercial", "l'associationnisme bonus" (qui permet de "faire valoir
sa participation auprès de son établissement") "l'associationnisme
sectaire" et "l'associationnisme imposé" (qui concerne des associations
de filière, "fermées", et pourrait même s'appliquer la "faluche"),
"l'associationnisme égoïste" (qui permet d'utiliser à des fins personnelles
l'activité dans cette période où trouver un emploi est difficile)
enfin "l'associationnisme hégémonique". A souligner la nécessaire
discussion autour du terme "associationnisme" que Valérie Becquet
précise trouver dans la pensée des empiristes anglais du 18° siècle
et qui sera par la suite utilisé en psychologie sociale. Le terme
"associationnisme" que nous avons emprunté aux travaux de nos collègues
italiens nous permet de mieux cerner notre objet de recherche :
toute forme de groupement étudiant, qu'il s'intitule lui-même syndicat,
association, comité.... (voir notre article "associationnisme ou
syndicalisme" à paraître dans les cahiers du germe spécial "engagements
étudiants"). L'enquête de Sandrine Péchoux sur "la reconnaissance
pédagogique du phénomène associatif" rentre en concordance avec
les discussions qui ont lieu dans les organisations étudiantes (et
avec les autorités) portant sur les moyens de l'exercice des "mandats"
d'élus, responsables, vice-président étudiant... On peut tout à
fait étudier la "rémunération symbolique" qui est un fait social
et non une règle juridique. Or, c'est ce deuxième aspect qui est
soulevé : rémunération monétaire ? rémunération en termes de dispenses
d'assiduité ? d'unités d'enseignement accordées ? C'est bien là
que les limites de la comparaison entre syndicalisme de salariés
et syndicalismé étudiant apparaissent quant à la difficulté de préciser
les moyens matériels et humains à accorder pour l'exercice des mandats
représentatifs....
Factuel
: la revue n°2, un numéro à ne pas manquer pour qui s'intéresse
au militantisme étudiant. Partant d'un constat fort juste : "les
chercheurs s'intéressant, d'un côté à la vie associative et, de
l'autre, aux étudiants, les associations étudiantes sont peu analysées"
le réseau "Anima' Fac" avec le soutien de l'O.V.E. et du FNDVA (Fonds
national de développement de la vie associative), a lancé l'année
dernière une enquête sur la vie associative étudiante, la sociologie
des associations en général devant prendre en compte les caractères
spécifique du cadre de développement particulier du militantisme
étudiant. Lors de l'Université d'été de Hourtin, à partir d'un premier
dépouillement, il y avait eu un échange fructueux entre Valérie
Becquet et Robi Morder lors d'un débat sur l'engagement étudiant.
Désormais, les résultats complets de l'enquête sont disponibles
auprès du FNDVA . Valérie Becquet dans l'article "l'étudiant acteur
de la vie associative" se nous présente toutefois l'analyse du "profil
des étudiants engagés dans la vie associative et leurs parcours".
L'étude s'appuie sur les questionnaires, mais aussi sur des entretiens
menés auprès de présidents d'association et croise les données avec
les résultats de la première enquête de l'OVE. Cinq mille questionnaires
ont été envoyés. Premier constat : 42% des répondants sont les Présidents
d'associations, ce qui explique une sur-représentation masculine
(71%), les étudiantes ayant répondu n'ayant pas de responsabilité
particulière (quand elles en ont, ce sont des responsabilités administratives).
Plus masculine, la population "présidentielle" est aussi plus âgée
que la moyenne des étudiants, mais ceci n'est guère étonnant. C'est
après s'être assurés d'un diplôme (DEUG ou licence) et installés
dans l'Université que l'on dégage temps et investissement psychologique.
L'origine sociale est plutôt supérieure "l'accès aux études supérieures
ainsi que leur financement leur étant garanti, ils peuvent d'avantage
se consacrer à d'autres activités (...) la participation à la vie
associative ne paraît pas encore à la portée de tout le monde".
Le militantisme des parents, renforcé par l'engagement lycéen (délégué
de classe, membre d'une association lycéenne) "conduisent les étudiants
à rejoindre rapidement le milieu associatif'. Toutefois, cet engagement
est plus complexe à l'Université que dans les Ecoles, où il est
facilité par l'institution elle-même Nous laissons à nos lecteurs
alléchés le soin de se reporter à ce numéro de la revue, qui comporte
également une étude sur le bénévolat chez les étudiants américains,
une enquête auprès des associations montpelliéraines, et deux entretiens
avec Pierre Merle (co-auteur avec Sthépane Le Bars de La citoyenneté
étudiante) et Ollivier Galland (auteur du Monde des étudiants).
Les résultats de cette enquête seront à comparer avec les enquêtes
menées dans les congrès syndicaux étudiants menée par Robi Morder.
En effet, si l'on constate à la suite d'un premier dépouillement
la constance de l'héritage parental et de l'expérience militante
antérieure acquise au lycée, il n'est pas certain que l'on aboutisse
aux mêmes résultats en ce qui concerne l'origine sociale. Il faut
évidemment comparer ce qui est comparable : même niveau de responsabilité,
et distinguer dans les associations celles qui ont une vocation
"représentative" (de type syndicale) et les associations "spécialisées".
Enfin, il sera intéressant de se pencher sur les cas de "double"
ou "multi" appartenance : militants syndicaux appartenant en même
temps à d'autres types d'associations, et responsables associatifs
membres d'organisations nationales. A t'on en effet un phénomène
associatif comblant le manque de syndicat(s) de masse, ou un phénomène
spécifique ayant sa logique propre.
Factuel
Anima fac, 3, rue Récamier 75341 PARIS CEDEX 07
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