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Nelcya
DELANOE Nanterre la folie Seuil 1998.
Dans
la production éditoriale du trentième anniversaire
de mai 68, voici un livre qui n'a pas de prétention historique.
Pas de énième commémoration avec les mêmes
dates, faits et personnages, mais un essai original et agréable
à lire.
Professeur spécialiste d'histoire américaine, Nelcya
Delanoë nous conte son université : Nanterre. Le livre
nous rappelle un documentaire : des images d'actualité (la
rentrée et la grève de 1995 en ouverture), les relations
avec les étudiants, les collègues, le tout illustré
de témoignages et d'entretiens(tant avec des "anciens"
des débuts de Nanterre et de 68 qu'avec des étudiants
actuels). En guise de "flash-back", des rappels historiques,
ainsi qu'une explication pour le grand public des mécanismes
de fonctionnement (et dysfonctionnements) du monde universitaire,
avec renvois aux références (rapports sur l'enseignement
supérieur, chiffres), rappelées dans une bibliographie
sommaire et un index des sigles utiles pour déchiffrer institutions
et statuts professionnels.
On me permettra de regretter que les quelques lignes consacrées
aux bibliothèques - particulièrement à la BDIC
- (p 221-222) soient quelque peu évasives. Certes, personne
ne niera les problèmes matériels et le manque de personnel,
mais de là à parler d'un "système informatique
encore rudimentaire" à côté d'un "fichier-papier"
comportant des cartons "calligraphiés à l'encre
noire ou rouge" c'est aller un peu vite en besogne. Je n'ai
jamais vu de fiches écrites à l'encre rouge, et surtout
chacun pourra apprécier les 150 000 notices accessibles des
terminaux (et sur internet) remontant jusqu'à 1970, ce qui
représente une somme de travail impressionnante en quelques
années... avec peu de personnel.
Ceci dit, on comprend, au travers des nombreuses réflexions
personnelles et dans le "ton", pourquoi, malgré
les difficultés matérielles, pédagogiques,
l'individualisme ambiant, l'auteur demeure attachée à
son métier, à "ses" étudiants : quelque
chose qui ressemble à l'attachement, malgré tout,
au service public.
Robi
Morder
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