"Je vais être fusillé tout à l'heure, à midi. Il est 9 heures
1/4. C'est un mélange de joie et d'émotion. Pardon pour tout...
La douleur que je vous ai causée, celle que je vous cause, celle
que je vous causerai. Pardon à tous : pour tout le mal que j'ai
fait, pour tout le bien que je n'ai pas fait. Mon testament
sera court : je vous conjure de garder votre foi. Surtout aucune
haine contre ceux qui me fusillent ; 'aimez-vous les uns les
autres', a dit Jésus, et la religion à laquelle je suis revenu
et dont vous ne devez pas vous écarter est une religion d'amour.
Je vous embrasse tous de toutes les fibres de mon cœur. Je ne
cite pas noms, car il y en a trop gravés dans mon cœur. Votre
fils, petit-fils et frère qui vous adore. ROGER."
10
h. 1/4 : Je suis calme, serein. J'ai serré la main de mes gardiens.
Grand plaisir. Je vais tout de suite voir l'abbé. Immense joie.
Dieu est bon.
Au
verso d'une image de la Croix encerclée d'une couronne d'épines
et d'une couronne de lauriers et portant la mention : 'Refuser
de pâtir, c'est refuser d'être couronné'. Roger écrit : 'Conservez
cette image qui donne la formule de mes derniers mois.'
Au
verso d'une autre image : 'J'ai le sourire et mon écriture s'affermit...
et cependant l'heure approche. N'est-ce pas merveilleux.' 'O
revenez à Jésus.' 29-7-42 : Je nage dans la sérénité. - 10 h.
20. "