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"Si
je suis tué dans la bagarre, je veux qu'on sache qu'il ne s'agit
pas d'un risque accepté à la légère. Pour répondre au doute et
à la lâcheté de certains, je ferai délibérement le sacrifice de
ma vie, pour la France. Si ce sacrifice ne présente pas l'utilité
immédiate que certains voudraient y voir, il servira au salut
de l'âme de la France. Si de savants calculateurs vous prédisent
les pires maux, j'ai la certitude qu'une France chrétienne naîtra
de nos sacrifices. Mon voeu le plus cher est que mes parents,
sans aucun regret, continuent mon boulot, que, s'ils sont privés
de leur grand fils, ils sachent qu'il a trouvé le plus grand bonheur,
celui qui ne s'éteint pas, le Christ. Qu'ils restent au poste,
sans découragement et qu'ils travaillent à élever des gosses en
contribuant à des oeuvres sociales. Que papa combatte pour le
salut politique de la Patrie, suivant la doctrine de notre chef,
de Gaulle. Que l'union si intime de notre foyer subsiste, quoi
qu'il arrive. Pour cette jeune fille, que mon coeur veut garder
idéale puisque rien ne nous permet actuellement le moindre engagement
d'avenir, je demande au Seigneur de toujours la garder aussi chic
pour le jour où je reviendrai. Si je ne reviens pas, qu'elle continue
une route droite et heureuse, puisque rien ne l'engageait à mon
égard. Qu'elle garde le souvenir d'un bon camarade... qui est
heureux d'avoir trouvé le grand Amour dont elle avait été pour
lui le symbole. Si aujourd'hui, il n'y a pas entre nous cette
promesse que j'aurais tant souhaitée, c'est la volonté de Dieu.
Je crois à l'Amour. Chers vieux copains, si je ne reviens pas,
au revoir quand même. Continuez, soyez des militants jécistes
et Français. je pense à Michel, Christian, Jacques, Roger, Georges,
etc... Que le Père Jean Pascal s'occupe d'eux après ça. D'après
toutes les éventualités, la Vie est belle. Vive la France."
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